jeu. Oct 21st, 2021

Nigeria – Wole Soyinka : « S’en prendre à la culture, c’est s’en prendre à l’humanité »

Gouvernance au Nigeria, art et démocratie, monde africain… Le Prix Nobel de littérature, âgé de 85 ans, n’a pas rangé les gants. Toujours sur la brèche tant au niveau politique que dans ses œuvres, le grand collectionneur revient pour JA sur ses passions. 

La crise du coronavirus l’oblige, comme tout le monde, à rester chez lui. Mais Wole Soyinka, premier auteur africain à avoir reçu le Nobel de littérature, en 1986, ne s’en plaint pas. Dans sa maison d’Abeokuta, tapie dans la forêt à 100 km au nord de Lagos, cet hyperactif profite enfin d’un peu de quiétude. Rien ne le rend plus heureux, dit-il, que d’écrire chez lui, au calme, entouré de son impressionnante collection d’art africain. Or, la plupart du temps, il est sur la route, enchaînant encore, à 85 ans, les conférences et les festivals de littérature, quand il n’est pas au chevet d’une cause politique. Un paradoxe qu’il explique par « un gène de professeur », qui le rend incapable de résister à une occasion de transmettre.

Auréolé de son prix et de son passé de résistant, Wole Soyinka est un symbole qui peut peser lourd, et il le sait. Difficile donc pour lui de ne pas s’impliquer s’il peut aider. C’est ainsi qu’on l’a vu arriver au tribunal d’Abuja, le 12 février dernier, marchant de son pas calme mais déterminé, les mains dans les poches et la tête couronnée de son inimitable halo de cheveux blancs. Dans ces murs, ce jour-là, Omoyele Sowore, ancien candidat à la présidence du Nigeria et militant des droits de l’homme, était jugé, accusé de trahison pour avoir appelé à une série de manifestations contre le gouvernement fédéral. « Un procès absurde », pour l’homme de lettres, qui réclame lui-même une transformation radicale de la gouvernance dans son pays

By kultutv

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