jeu. Oct 21st, 2021

Le continent africain regorge de trésors cachés. Rien qu’en Afrique de l’Ouest, des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Ghana disposent d’un riche catalogue de tissus locaux.

Le continent africain regorge de trésors cachés. Rien qu’en Afrique de l’Ouest, des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Ghana disposent d’un riche catalogue de tissus locaux.

Le Kenta, également appelé Kita, est un tissu dont l’identité culturelle est partagée par la Côte d’Ivoire et le Ghana. Il s’agit d’un tissu royal, qui se porte drapé autour du corps. Il est fabriqué à la main avec des fils de coton et de la soie pour les modèles les plus luxueux.

Ce tissu est surtout caractérisé par ses motifs très géométriques, voire tribaux. C’est surtout un tissu très coloré, mais dont les nuances n’excèdent pas 5 tons généralement. Très important à savoir : chaque forme et chaque couleur a une signification bien précise. C’est ce qui détermine son choix et l’occasion à laquelle il convient de le porter.

Le Kenta se porte généralement pour les grandes occasions, notamment les cérémonies traditionnelles (dot, mariage, sortie d’enfant, baptême).

Le Bogolan

Très populaire en Côte d’Ivoire, le Bogolan est pourtant typiquement malien, plus précisément de l’ethnie Bambara. Ce tissu traditionnel en coton est fait à la main et la teinture est obtenue avec de la boue fermentée.

Utilisé lors des cérémonies rituelles, le Bogolan était porté comme protection. On lui prêtait des pouvoirs d’absorption de forces spirituelles maléfiques, notamment pendant les accouchements.Le Kanvô

« Les Amours d’Antar et d’Abla », un récit épique à rebours des clichés orientalistes

Les exploits d’Antar et son amour fou pour sa cousine Abla ont bercé les imaginaires au Maghreb et au Moyen-Orient. Un livre illustré traduit en partie ce texte poétique en français.

« C’est Les Mille et Une Nuits ? » La question, péremptoire, émane d’un spectateur détaillant des peintures sous verre exposées à la Fondation de la Tunisie de la Cité universitaire internationale de Paris. « Non, l’histoire d’Antar et Abla », répond Ilyes Messaoudi, artiste tunisien, auteur des treize œuvres aux couleurs vives accrochées au mur et qui illustrent chacune un chapitre de l’épopée du héros né esclave en Arabie centrale. Cette légende antéislamique datant du VIe siècle vient d’être en partie traduite en français, aucune traduction intégrale n’existant à ce jour.

Dans les pays de la région, ce conte qui alterne morceaux de bravoure et poésie n’évoque plus pour certains qu’un vague souvenir, aussi lointain que leurs premiers cours d’arabe, à l’école. D’autres connaissent le héros sous le nom d’Antara Ibn Chaddad (fils de Chaddad), tel que traduit dans nombre de séries télévisées – souvent égyptiennes – qui continuent de faire un carton pendant le ramadan.

Techniques ancestrales

À 29 ans, Ilyes Messaoudi se souvient quant à lui d’avoir entendu parler de ce récit épique dans des dessins animés. Sollicité par Ysabel Saïah-Baudis, d’Orients éditions, il a redécouvert ce mythe en lisant cette traduction : « C’est finalement davantage un conte pour adultes », dit-il.

En témoignent quelques-unes de ses peintures illustrant des scènes teintées d’érotisme et de véritables beuveries, un parti pris possible en France. « Cela m’a beaucoup surpris, comparé à ce qu’on peut lire aujourd’hui dans nos pays : c’est beaucoup plus ouvert », remarque-t-il.

Ses planches, peintes à l’envers (les détails d’abord, puis le fond) jusqu’à la signature, elle aussi inversée, s’inspirent de techniques tout aussi ancestrales que leur histoire. Traditionnellement sépia ou camel, les peintures sous verre sont toujours bien remplies, mais moins éclatantes.

Formé à l’École supérieure des sciences et technologies de design de Tunis et en partie autodidacte, Messaoudi s’est réapproprié cet art en optant pour des traits noirs épais, des formes souples et des couleurs tranchées. En lieu et place de calligraphie arabe, il prend la liberté de remplir les vides avec des motifs végétaux, ce qui évoque les miniatures persanes.

Art populaire

« Les illustrations sont peu valorisées dans le monde de l’art, regrette le jeune artiste, installé en France depuis quatre ans. Ces images sont très premier degré, mais j’ai pris le risque de mélanger les genres en m’inspirant de l’art populaire. » Ce travail paie : certains tableaux ont été achetés par un collectionneur français.

Ses planches ont également été exposées à la galerie du curateur et dénicheur de talents du Maghreb et du Moyen-Orient, Claude Lemand (Paris 5e), ainsi que dans la prestigieuse salle de ventes Rossini (Drouot), le 14 décembre.

Produire un livre illustré coûte cher. « Sans les aides du Centre national du livre, cela n’aurait pas été possible », confie l’éditrice, qui n’en est pas à son coup d’essai. Celle qui ambitionne de mettre en avant les fondamentaux arabes a déjà publié Kalila et Dimna (des contes animaliers qui ont inspiré La Fontaine) ou encore, plus audacieux, Les Mille et Une Nuits en version licencieuse, illustrée avec des gravures anciennes de la BNF. Les images servent à attirer le lecteur vers des textes qui pourraient, à première vue, paraître indigestes et à les « moderniser ».

Retour au Bénin de vingt-huit objets appartenant aux anciens rois d’Abome

Ce geste concrétise le mouvement en faveur du retour d’œuvres d’arts premiers du patrimoine béninois issues de collections occidentales privées.

Le Monde avec AFP Publié le 18 janvier 2020 à 15h19 – Mis à jour le 19 janvier 2020 à 11h58

Temps deLecture 3 min.

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Ambassadeurs de France et du Japon, collaborateurs du président béninois, écoliers et étudiants, artistes, membres de familles royales, donateurs : tous étaient là, vendredi 17 janvier, au Petit Musée de la Récade, dans le sud du Bénin, autour d’un magnifique sabre d’amazone orné de figures d’animaux.

Cette arme du XIXe siècle, utilisée par les anciennes gardiennes des rois d’Abomey, fait partie des vingt-huit objets désormais exposés dans ce musée de Lobozounkpa, après leur acquisition par un collectif d’antiquaires français passionnés d’art africain et du Bénin. Depuis son inauguration, les initiatives de retour d’objets traditionnels sur leur terre d’origine se sont poursuivies.

Seydou Ouédraogo : « Il y a aujourd’hui un péril sur le vivre-ensemble sahélien »

Sur le continent européen comme dans les Etats de la bande sahélienne, la lutte contre le terrorisme entraîne une limitation des libertés individuelles. Bien sûr, on ne part pas du même point, mais le parallèle interpelle Seydou Ouédraogo, enseignant-chercheur à l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso. Cette réaction qu’a connue la France au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, à Paris, il l’observe à l’œuvre, de façon différente, dans les pays africains touchés par les attaques djihadistes, ou qui risquent de se trouver dans la zone d’extension de la menace.Lire aussi  « Ce qui est en jeu au Sahel est la capacité des Etats à recoudre le tissu social »

Or, aux yeux de cet économiste de formation, à la tête du groupe de réflexion Free Afrik, il faudrait au contraire que les sociétés civiles continuent d’avancer et gagnent encore bien des combats contre les inégalités pour que le terrorisme, qui se nourrit aussi des injustices sociales, puisse reculer. Les sociétés civiles sahéliennes pâtissent de se retrouver dans cette impasse alors que, durant les décennies passées, elles ont fait avancer leur pays.

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