jeu. Avr 22nd, 2021

Nigeria – Wole Soyinka : « S’en prendre à la culture, c’est s’en prendre à l’humanité »

Nigeria – Wole Soyinka : « S’en prendre à la culture, c’est s’en prendre à l’humanité »

Gouvernance au Nigeria, art et démocratie, monde africain… Le Prix Nobel de littérature, âgé de 85 ans, n’a pas rangé les gants. Toujours sur la brèche tant au niveau politique que dans ses œuvres, le grand collectionneur revient pour JA sur ses passions. 

La crise du coronavirus l’oblige, comme tout le monde, à rester chez lui. Mais Wole Soyinka, premier auteur africain à avoir reçu le Nobel de littérature, en 1986, ne s’en plaint pas. Dans sa maison d’Abeokuta, tapie dans la forêt à 100 km au nord de Lagos, cet hyperactif profite enfin d’un peu de quiétude. Rien ne le rend plus heureux, dit-il, que d’écrire chez lui, au calme, entouré de son impressionnante collection d’art africain. Or, la plupart du temps, il est sur la route, enchaînant encore, à 85 ans, les conférences et les festivals de littérature, quand il n’est pas au chevet d’une cause politique. Un paradoxe qu’il explique par « un gène de professeur », qui le rend incapable de résister à une occasion de transmettre.

Auréolé de son prix et de son passé de résistant, Wole Soyinka est un symbole qui peut peser lourd, et il le sait. Difficile donc pour lui de ne pas s’impliquer s’il peut aider. C’est ainsi qu’on l’a vu arriver au tribunal d’Abuja, le 12 février dernier, marchant de son pas calme mais déterminé, les mains dans les poches et la tête couronnée de son inimitable halo de cheveux blancs. Dans ces murs, ce jour-là, Omoyele Sowore, ancien candidat à la présidence du Nigeria et militant des droits de l’homme, était jugé, accusé de trahison pour avoir appelé à une série de manifestations contre le gouvernement fédéral. « Un procès absurde », pour l’homme de lettres, qui réclame lui-même une transformation radicale de la gouvernance dans son pays

Visas pour la Création 2020 : appel à candidature

Date limite | 18 novembre 2019

Visas pour la Création est un dispositif de la mission de coopération culturelle Afrique et Caraïbes. Il a pour objectif d’accompagner l’émergence artistique en Afrique et dans les Caraïbes grâce à des résidences en France métropolitaine et dans les régions d’outre-mer. Il permet aux lauréats de développer un projet de création ou de recherche et de bénéficier d’une prise en charge du billet d’avion, d’une allocation de séjour de 1000€ par mois et d’une assurance rapatriement.

Ce dispositif s’adresse aux artistes et commissaires résidant en Afrique ou dans les Caraïbes, justifiant d’une expérience professionnelle dans le domaine artistique concerné et qui ont besoin, pour développer leur création ou leur carrière, d’un temps de résidence de 2 mois en France dans une structure professionnelle (type CCN, CDCN, Scène Nationale, CDN, Centres d’art, SMAC, etc.), un lieu partenaire de l’Institut Français (liste non exhaustive à télécharger ci-dessous) ou en lien avec un programme de résidence d’une collectivité territoriale.

Il est ouvert aux candidats suivants :

  • les artistes africains résidant en Afrique qui proposent un projet de résidence se déroulant en France métropolitaine ou dans un DROM ;
  • les artistes résidant dans les Caraïbes (hors COM et DROM) qui proposent un projet de résidence se déroulant en France métropolitaine et dans un DROM.

Il concerne les disciplines suivantes :

  • Architecture, Arts visuels, Cinéma, Cirque, Débats d’idées, Design, Formation, Langue française, Livre, Métiers d’art, Mode, Musique, Numérique, Photographie, Pluridisciplinaire, Théâtre.

Documents à télécharger :

Source : https://www.pro.institutfrancais.com/fr/offre/visas-pour-la-creation

« Les Amours d’Antar et d’Abla », un récit épique à rebours des clichés orientalistes

Les exploits d’Antar et son amour fou pour sa cousine Abla ont bercé les imaginaires au Maghreb et au Moyen-Orient. Un livre illustré traduit en partie ce texte poétique en français.

« C’est Les Mille et Une Nuits ? » La question, péremptoire, émane d’un spectateur détaillant des peintures sous verre exposées à la Fondation de la Tunisie de la Cité universitaire internationale de Paris. « Non, l’histoire d’Antar et Abla », répond Ilyes Messaoudi, artiste tunisien, auteur des treize œuvres aux couleurs vives accrochées au mur et qui illustrent chacune un chapitre de l’épopée du héros né esclave en Arabie centrale. Cette légende antéislamique datant du VIe siècle vient d’être en partie traduite en français, aucune traduction intégrale n’existant à ce jour.

Dans les pays de la région, ce conte qui alterne morceaux de bravoure et poésie n’évoque plus pour certains qu’un vague souvenir, aussi lointain que leurs premiers cours d’arabe, à l’école. D’autres connaissent le héros sous le nom d’Antara Ibn Chaddad (fils de Chaddad), tel que traduit dans nombre de séries télévisées – souvent égyptiennes – qui continuent de faire un carton pendant le ramadan.

Techniques ancestrales

À 29 ans, Ilyes Messaoudi se souvient quant à lui d’avoir entendu parler de ce récit épique dans des dessins animés. Sollicité par Ysabel Saïah-Baudis, d’Orients éditions, il a redécouvert ce mythe en lisant cette traduction : « C’est finalement davantage un conte pour adultes », dit-il.

En témoignent quelques-unes de ses peintures illustrant des scènes teintées d’érotisme et de véritables beuveries, un parti pris possible en France. « Cela m’a beaucoup surpris, comparé à ce qu’on peut lire aujourd’hui dans nos pays : c’est beaucoup plus ouvert », remarque-t-il.

Ses planches, peintes à l’envers (les détails d’abord, puis le fond) jusqu’à la signature, elle aussi inversée, s’inspirent de techniques tout aussi ancestrales que leur histoire. Traditionnellement sépia ou camel, les peintures sous verre sont toujours bien remplies, mais moins éclatantes.

Formé à l’École supérieure des sciences et technologies de design de Tunis et en partie autodidacte, Messaoudi s’est réapproprié cet art en optant pour des traits noirs épais, des formes souples et des couleurs tranchées. En lieu et place de calligraphie arabe, il prend la liberté de remplir les vides avec des motifs végétaux, ce qui évoque les miniatures persanes.

Art populaire

« Les illustrations sont peu valorisées dans le monde de l’art, regrette le jeune artiste, installé en France depuis quatre ans. Ces images sont très premier degré, mais j’ai pris le risque de mélanger les genres en m’inspirant de l’art populaire. » Ce travail paie : certains tableaux ont été achetés par un collectionneur français.

Ses planches ont également été exposées à la galerie du curateur et dénicheur de talents du Maghreb et du Moyen-Orient, Claude Lemand (Paris 5e), ainsi que dans la prestigieuse salle de ventes Rossini (Drouot), le 14 décembre.

Produire un livre illustré coûte cher. « Sans les aides du Centre national du livre, cela n’aurait pas été possible », confie l’éditrice, qui n’en est pas à son coup d’essai. Celle qui ambitionne de mettre en avant les fondamentaux arabes a déjà publié Kalila et Dimna (des contes animaliers qui ont inspiré La Fontaine) ou encore, plus audacieux, Les Mille et Une Nuits en version licencieuse, illustrée avec des gravures anciennes de la BNF. Les images servent à attirer le lecteur vers des textes qui pourraient, à première vue, paraître indigestes et à les « moderniser ».

Côte d’ivoire : mariage avec la Tunisienne Aelyssa Darragi, prison pour Alpha Blondy ?

Le chanteur de reggae ivoirien, Alpha Blondy, qui vient de célébrer son mariage avec  la Tunisienne Aelyssa Darragi, encourt une peine de prison. Pourquoi ?

A peine le mariage, religieux et civil, entre Alpha Blondy et la Tunisienne Aelyssa Darragi a été célébré les 20 et 22 février 2020, que  l’épouse coréenne du chanteur ivoirien effectue une sortie pour  indiquer être à ce jour unie au reggaeman par les liens du mariage. Si ces faits son avérés, c’est dans une situation de bigamie que se trouve Alpha Blondy et qui pourrait l’exposer à des sanctions judiciaires.

Selon la presse ivoirienne, c’est l’article 455 du Code pénal ivoirien qui constitue une menace pour le musicien, puisqu’il indique clairement : « Quiconque étant engagé dans les liens du mariage en contracte un autre avant la dissolution du précédent est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans, et d’une amende de 50 000 à 500 000 francs ».

Si l’hypothèse d’un emprisonnement de l’artiste est envisagée, c’est pour la simple raison que dans une publication sur les réseaux sociaux, la Coréenne Ran Young Hong-Koné a rappelé à Alpha Blondy qu’elle est et reste son épouse. « A présent, je voudrais te rappeler qu’il n’y a rien de mal au fait de te remarier, mais sans m’avoir divorcée, moi qui suis légalement encore mariée à toi, tu commets un délit », a clairement signifié celle qui se dit toujours épouse d’Alpha Blondy.

« Il est temps de dire la vérité et de me rendre justice », a ajouté la Coréenne qui, visiblement est prête à engager une bataille judiciaire avec celui qu’elle considère comme son mari.

A lire : Côte d’Ivoire : polémique après le mariage d’Alpha Blondy avec la Tunisienne Aelyssa Darragi

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AFRIQUE BÉNIN Un musée du Bénin va accueillir 27 objets traditionnels provenant de collections européennes

Le musée de la Récade de Lobozounkpa, près de Cotonou, au Bénin, va accueillir vendredi 17 janvier vingt-sept nouvelles récades, sabres et objets de culte fon, offerts par un collectif d’antiquaires parisiens, a annoncé un communiqué. En 2015 avait été créé cet espace de Lobozounkpa, sur une initiative du galeriste parisien Robert Vallois et du Collectif des antiquaires de Saint-Germain-des-Prés.

Au sein de cet espace d’accès gratuit, avait été érigé le « Petit Musée de la Récade », inauguré en 2015. A son ouverture, sa collection était constituée de trente-sept récades (sceptres en forme de hache ou de crosse) anciennes, six objets royaux et de culte fon, tous offerts par le Collectif et des collectionneurs privés.Lire aussi  Bénin : « Demander à la France qu’elle retarde la restitution de nos œuvres d’art est une atteinte à notre fierté »

Depuis son inauguration, les initiatives de retour d’objets traditionnels sur leur terre d’origine se sont poursuivies. Ces nouvelles récades, sabres et objets, provenant de deux anciennes collections européennes, acquises par le Collectif lors qu’une vente aux enchères à Nantes, viendront enrichir la collection.

Une politique muséale dynamique

Ce geste matérialise le retour d’œuvres du patrimoine béninois issues de collections occidentales privées. Il s’inscrit dans un plus vaste débat sur les restitutions d’œuvres d’arts premiers à l’Afrique. La restitution par la France au Bénin de vingt-six statuettes du royaume d’Abomey, annoncée en 2018, et qui se trouvent au Musée du quai Branly-Jacques Chirac, est actée et se fera courant 2020 ou début 2021.

« Même avec la fin du franc CFA, les rapports entre l’Afrique et la France seront toujours empreints d’une histoire douloureuse »

Tribune. Alassane Ouattara et Emmanuel Macron signent la fin du franc CFA en Afrique de l’Ouest. Le 21 décembre 2019, une nouvelle page de l’histoire entre la partie francophone de l’Afrique de l’Ouest et la France semble s’être tournée. En effet, depuis 1945, la souveraineté monétaire des pays d’Afrique de l’Ouest et centrale était partagée entre la France et ses anciennes colonies au sein de Banques centrales à vocation régionale. Or ce n’est plus complètement le cas. L’Afrique de l’Ouest francophone accroît son indépendance monétaire. Cette évolution ne concerne que certains pays d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Elle devrait néanmoins s’étendre à la zone franc d’Afrique centrale qui rassemble le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.Lire aussi  La fin du franc CFA annoncée par Emmanuel Macron et Alassane Ouattara

Bien entendu, les raisons de cette évolution sont multiples. Tout d’abord, sur le plan politique, il était de plus en plus lourd pour la France d’assumer vis-à-vis de ses anciennes colonies comme du reste du monde cette sorte de tutelle monétaire qui continuait de s’exercer longtemps, très longtemps, trop longtemps après la déclaration des indépendances dont on fêtera justement les 60 ans en 2020.

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